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Être une femme dans le monde professionnel suisse: les 5 choses à retenir de notre étude [résumé YPAI].

Temps de lecture: 5 mins. Par Marine.

L'année dernière, à l'occasion de la sortie de notre première édition du YPAI - le Young Professional Attraction Index, nous avions rédigé un article sur la perception qu'ont les jeunes suissesses de leur potentiel en entreprise. Cette année, nous avons décidé de creuser le sujet et de consacrer à la deuxième édition davantage de questions sur ce thème. Toutes nos observations et les réponses des 1.025 questionnés sont disponibles gratuitement sur notre site:

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#1 La perception du potentiel varie en fonction... du genre.

Différences de salaires qui peinent à se justifier dans certains secteurs, faible participation des femmes (28,9%) à la scène politique, poids du travail gratuit et de la charge mentale... autant de sujets qui ont participé à l'immense mobilisation (plus de 500 000 personnes) à la grève des femmes le 14 juin dernier dans tout le pays. À la même période, nous analysions les résultats de la seconde édition du Young Professional Attraction Index, pour lequel nous avons décidé cette année de poser des questions liées à la diversité en entreprise, la gestion du temps et les nouvelles manières de travailler.

À la question Pensez-vous que les hommes et les femmes ont les mêmes chances de faire carrière en Suisse aujourd'hui?, nous avons découvert que 60% des femmes sondées ont répondu que non, alors que 63% des hommes sondés ont répondu que oui. À la question Est-ce qu'une politique d'égalité salariale homme/femme affichée est un critère important pour vous au moment du choix de l'employeur?, 77% des répondantes ont déclaré y attacher de l'importance, contre 41% de leurs homologues masculins. Cette différence de perception nous a surpris et nous a invité à explorer plus en détail ce qu'avaient répondu les jeunes professionnelles aux questions de notre étude.

Salaire et perception des chances de faire carrière en Suisse pour une jeune professionnelle

#2 Les critères d'attractivité privilégiés, sensiblement les mêmes pour les femmes et les hommes

Les jeunes professionnelles romandes, comme leurs homologues masculins, placent le salaire et les avantages (58%), l’environnement de travail /collègues sympathiques (58%) et les possibilités d’évolution/de développement (56%) aux premières places des critères qu’elles privilégient lors du choix d’un employeur.

"Ce qui me motive à me lever le matin... mes collègues, clairement!"

Anissa, 24 ans, jeune diplômée en Business International Management

Nous avons cependant noté des différences sur le critère valeurs et culture d'entreprise, qu’elles choisissent à hauteur de 46%, (11 points de plus que les hommes), et sur le critère responsabilité sociale de l'entreprise, qu'elles choisissent à hauteur de 25% (8 points de plus que les hommes). Déjà l'année dernière, nous avions noté une nette différence entre les hommes et les femmes concernant le choix du critère valeurs et culture d'entreprise, ce qui se confirme de nouveau cette année. Celui de la RSE, en revanche, fait sa première apparition cette année dans le classement global, et nous sommes convaincus qu'il continuera de gagner en popularité sur les prochaines éditions.

Vous souhaitez en savoir plus? Téléchargez notre rapport ici.

#3 Écart de perception entre la phase d'études et les premières années en poste

Sur la catégorie lissée, même si les femmes valorisent les mêmes critères que les hommes, lorsque l'on s'approche de plus près, et notamment du côté des étudiantes, nous avons remarqué que si ces dernières gardent le salaire et l'environnement de travail dans leur top 3, elles positionnent en revanche en 3ème position et à égalité (51%) les critères flexibilité du travail/des horaires et valeurs/culture de l'entreprise. Fait intéressant, ces différences se gomment toutefois lorsque les femmes quittent les bancs de l’école pour le monde de l’entreprise, où elles feront davantage attention au développement de leur carrière en faisant passer les possibilités d'évolution en deuxième position de leurs critères préférés. Il se passe exactement l'effet inverse chez les hommes, qui valorisent beaucoup plus la progression de carrière (*possibilités d'évolution / de développement) et le salaire lorsqu'ils sont étudiants que lorsqu'ils ont effectués quelques années en entreprise.

Ces différences de choix lorsque les femmes et les hommes sont étudiants peuvent être expliquées en partie par le poids des projections que nous pouvons avoir de par notre éducation, notre culture ou la société dans laquelle nous grandissons. Des chercheurs neuchâtelois ont dans cette optique étudié l'impact de la télévision sur la perception du corps de la femme chez une population qui n'avait pas accès à ce media auparavant. En quelques mois seulement, ils avaient observé des différences notoires de perception et de pratiques sportives, qu'ils avaient directement corrélés à l'impact du média.

Perception différente université entreprise

#4 Un besoin de temps qui se manifeste, autant chez les hommes que chez les femmes

Selon le rapport sur la vie active et la rémunération du travail de l'office fédéral de la statistique (mars 2019), le travail à temps partiel est principalement représenté par les femmes. En effet, parmi les utilisateurs de ce type de contrat (37% des actifs occupés en Suisse), 74% sont des femmes, même si la part des hommes tend à augmenter. L'office fédéral de la statistique n'a cependant pas précisé s'il s'agissait d'une condition du contrat de travail ou d'un choix délibéré de la personne occupant le poste à temps partiel. À propos du nombre d’heures consacrées à l’activité professionnelle, au travail domestique et familial et au travail bénévole, les femmes sont celles qui font le plus de d'aménagement de leur temps de travail une fois qu'elles deviennent mamans, ce que nous pourrions corréler à la forte proportion d'occupation de postes à temps partiel en ce qui les concerne:

répartition du temps de travail domestique en Suisse en 2016

Afin d'éclaircir ce point auprès de notre groupe cible, nous leur avons directement posé la question Quelle serait votre préférence concernant votre taux d'activité professionnelle? et nous avons été surpris de constater qu'une grande majorité des répondants ne choisirait pas le temps plein. 53% des interrogés ont en effet répondu qu'un temps partiel serait leur premier choix, avec une large prédisposition pour le 80% (31%). Inspiration des pays scandinaves, valorisation du temps pour soi ou nécessité en Suisse où la semaine est à 42,5 heures? Il se pourrait également que les jeunes professionnels visent un temps partiel afin de pouvoir exercer plusieurs activités professionnelles en même temps. En effet, à la question Préféreriez-vous travailler pour une seule entreprise ou exercer plusieurs activités professionnelles différentes à temps partiel?, 23% des répondants, soit près d’un quart, ont répondu qu’ils pourraient combiner plusieurs postes.

Parmi les personnes interrogées, nous avons observé une nette préférence pour le temps partiel du côté des femmes: 61% d'entre elles opteraient pour ce taux d'activité, contre 42% des hommes. Mais les hommes tendent à changer d'avis une fois qu'ils rentrent sur le marché du travail: s'ils sont 61% à vouloir travailler à 100% quand ils sont étudiants, ils ne sont plus que 48% une fois qu'ils sont en poste. Les femmes, elles, restent assez stables (36 et 34% à vouloir travailler à 100%). Les jeunes suisses et suissesses porteraient-ils le poids des projections d'une société un brin conservatrice? L'évolution du goût pour le temps partiel chez les jeunes professionnels en tout cas, nous invite à imaginer un changement de paradigme pour les années à venir, et nous nous réjouissons d'aborder de nouveau ces sujets avec eux l'année prochaine.

L'intégralité du rapport en téléchargement ici

des leviers pour la réussite de chacun

#5 Des leviers pour la réussite de chacun

Il est possible de favoriser une perception positive du potentiel de nos futurs collaborateurs. Bien sûr, en tant qu'employeur, cela représente une grande responsabilité mais aussi... un enjeu majeur. En effet, à l'heure où certains secteurs manquent cruellement de compétences, quel est le pourcentage de futures ingénieures et programmatrices chez les jeunes suissesses?

Si vous souhaitez favoriser l'égalité des opportunités, et particulièrement en phase de recrutement, vous pouvez:

Conclusion

Il est évident que l'entreprise peut être le lieu où un jeune professionnel / une jeune professionnelle découvre son potentiel ou remet en question le cadre dans lequel il ou elle a grandi. Chez Academic Work, nous encourageons nos clients et nos lecteurs à prendre la mesure du pouvoir qu'il leur incombe en tant qu'employeur, afin d'aller chercher dans chacun.e le talent qu'il ou elle n'a pas encore découvert. Bon recrutement!

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur les méthodes pour mener un processus de recrutement avec le moins de biais possible, nous vous invitons à parcourir notre livre blanc sur les meilleurs outils pour un recrutement réussi.

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